L'Eglise
du Christ au Bas-Congo est séropositive
"
L'Eglise du Christ au Bas-Congo est séropositive ",
c'est le thème du séminaire - atelier organisé
par le Centre Régional d'Appui et de Formation pour
le Développement, CRAFOD en sigle, à Kimpese,
dans le territoire de Songololo, District des Cataractes,
Province du Bas-Congo en République Démocratique
du Congo, du 18 au 20 juillet 2005, à l'intention de
30 participants (Présidents des Conseils de pasteurs,
les Aumôniers des hôpitaux, militaires et universitaires,
les Activistes des Forum-SIDA, les Animatrices de développement
du CRAFOD, les Evangélistes communautaires et des mouvements
cuméniques notamment : Campus pour Christ et
la Ligue pour la lecture de la Bible)
En effet,
depuis l'apparution du VIH/SIDA, certaines Eglises Congolaises
ont joué un rôle important dans la lutte contre
le VIH/SIDA en mettant en place non seulement des programmes
de santé holistique, mais aussi en assurant un accompagnement
pastoral et/ou spirituel à des personnes infectées
et affectées par le VIH/SIDA. Cependant, cette maladie
a produit des effets inhabituels dans d'autres Eglises locales.
Il s'agit notamment du silence, de la peur, de la stigmatisation,
de la discrimination, du déni et de l'isolement des
personnes vivant avec le VIH (PVV). Ces effets inhabituels
ont des répercussions fâcheuses sur l'âme
et la vie de certaines personnes touchées par le VIH/SIDA
à cause de l'inaction et leurs actions insuffisantes
qui ont permis au VIH/SIDA de continuer sa course sinistre
sans être inquiété.
A la lumière
de ce qui précède, beaucoup d'activistes ont
l'impression que les Eglises locales constituent un frein
dans la lutte contre le VIH/SIDA partiellement à cause
des problèmes théologique et éthique
que le VIH/SIDA pose et ce, depuis le début de la pandémie.
Beaucoup de ressources ont été drainées
à travers les structures gouvernementales et autres.
Cependant, les résultats escomptés n'ont pas
été atteints probablement parce que les Eglises
locales n'étaient pas impliquées de manière
active dans la lutte contre le VIH/SIDA.
Aujourd'hui
plus que jamais, le gouvernement et les organisations internationales
intéressées dans le combat contre le VIH/SIDA
tournent leurs regards vers les Eglises les invitant ainsi
à devenir des partenaires privilégiés
pour lutter contre le VIH/SIDA et ce, en raison de leur autorité
morale pour le changement de comportement et de leur longue
et fructueuse expérience en matière de gestion
des projets de santé et développement. Toutefois,
la question que l'on doit se poser est celle de savoir si
les Eglises locales congolaises sont suffisamment préparées
pour parler de la sexualité qui demeure le moyen principal
de la transmission du VIH.
La réalité
sur le terrain est telle que par manque de langage approprié
avec l'incompréhension et l'ignorance des questions
complexes liées au VIH/SIDA, certaines Eglises ont
des problèmes à aborder la discussion sur le
VIH/SIDA en raison des tabous relatifs au sexe et à
la sexualité. D'autres pensent que le VIH/SIDA serait
un châtiment de Dieu pour le péché de
l'immoralité. D'autres encore sont dépourvues
des fondements bibliques et théologiques sur lesquelles
elles peuvent baser leur approche méthodologique de
lutte contre le VIH/SIDA.
Comme
si cela ne suffisait pas, elles sont nombreuses les Eglises
qui éprouvent des lacunes à rédiger un
projet, encore moins à le mettre en uvre en vue
d'en assurer le suivi et l'évaluation. Par voie des
conséquences, beaucoup d'Eglises sont restées
silencieuses et de ce fait, elles font partie intégrante
du problème au lieu d'être la solution de l'infection
à VIH/SIDA.
Au regard
de cette tragédie, les Eglises ne peuvent pas enterrer
leurs têtes dans le sable et prétendre que le
VIH/SIDA disparaîtra. Les mains n'étant fortes
que lorsqu'elles sont jointes. Les vux des organisateurs
de ce séminaire-atelier est que durant et au terme
de quatre journées de travail, les participants réfléchissent
sur les enjeux de ce VIH qui remet en cause l'assurance de
la vie en abondance que Jésus Christ nous a donnée.
En effet, la manière dont les Eglises Chrétiennes
du Bas-Congo traitent le problème du VIH/SIDA déterminera
si elles appartiennent à Jésus Christ ou non.
Animé
par :
- Monsieur
Hendrew LUSEY, Coordinateur Régional Afrique Centrale
du Conseil Oeucuménique des Eglises (COE / EHAIA)
;
- Monsieur
Olivier WALA WALA, 1er Coordinateur de SOVIPLUS RD. Congo/Kinshasa
;
- Mademoiselle
Maguy MFUMU LEMBA, Présidente OJVS / RCP+ ;
- Madame
Marianne DJAMBA, Présidente de la Fondation Espoir.
- Dr
Philippe LUKANU NGUALA, Médecin Chef de Zone de Santé
de Kimpese ;
- Pasteur
WENDY BERNHARD, Membre de la CBCO / EVREJ;
- Pasteur
TITIO NZOLA, de la Communauté Baptiste du Congo Ouest
(CBCO) ;
- Pasteur
Emy MIANTEZILA M., de la Communauté Evangélique
du Congo (CEC / APEDEM).
Ce séminaire-
atelier poursuivait un objectif principal que voici :
Permettre
à chaque participant d'acquérir les connaissances,
les aptitudes et les attitudes pour :
- Prendre
conscience de la sévérité du VIH/SIDA
en Afrique, au Congo et dans la province du Bas-Congo ;
- Dégager
l'ampleur des problèmes que le VIH/SIDA pose dans
son Eglise ;
- Identifier
le degré d'implication de son Eglise dans le combat
contre le VIH/SIDA ;
- Montrer
les résultats que son Eglise a déjà
obtenus ;
- Mettre
en évidence les défis auxquels son Eglise
fait face au VIH / SIDA ;
- Suggérer
des actions correctrices appropriées.
Au terme
de ce séminaire - atelier,
- Les
Eglises locales du Bas-Congo ont pris l'engagement solennel
d'être actrices et non spectatrices à combattre
le VIH / SIDA ;
- Les
Eglises locales du Bas-Congo ont renforcé leurs capacités
à lutter contre le VIH/SIDA ;
- Les
Eglises locales du Bas-Congo ont changé leur perception
du VIH/SIDA (le SIDA est une maladie et non pas une punition
de Dieu) ;
- Les
Eglises locales du Bas-Congo ont mis au point leur réponse
face au VIH / SIDA ;
- Les
Eglises locales du Bas-Congo ont établi un cadre
de concertation pour le suivi et l'évaluation des
activités dans le domaine de la lutte contre le VIH
/ SIDA.
A la fin
du séminaire - atelier, des conseils pratiques ont
été donné en terme de sensibilisation
aux participants pour qu'ils soient les ambassadeurs des acquis
de l'atelier auprès de leurs communautés ecclésiastes
et dans leurs milieux respectifs.
Gustave MUYAMUNA KAFENGA
CRAFOD
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