QUELLE
AGRICULTURE POUR LE BAS-CONGO (R.D. CONGO) ?
En
République Démocratique du Congo comme en Afrique
tout en entière, l'exploitation par l'homme de son
environnement ne s'est pas adaptée à la promotion
du renouvellement, de la conservation et de la protection
de ses ressources naturelles. Il en résulte en crise
systématique dans le progrès socio-économique
des populations.
Dans l'espace
géographique du Bas-Congo, la réalité
est telle que la pression démographique suivie d'une
gestion irrationnelle de l'environnement caractérisée
par les feux de brousses incontrôlés, des techniques
culturales rudimentaires et non adaptées, les considérations
liées à la coutume et aux murs, etc. et
à cela s'ajoute la surexploitation de ces écosystèmes
due à son emplacement géographique par rapport
à la ville de Kinshasa et quelques villes, cités
urbaines et villages de deux pays avec qui la province du
Bas-Congo partage ses frontières (République
de l'Angola et la République du Congo Brazzaville)
aussi victimes de la guerre, pour qui le Bas-Congo sert de
site d'asile aux réfugiés avec toutes les conséquences
écologiques qui s'en suivent, mettent en péril
la pérennité de ces différents écosystèmes.
L'ignorance, le niveau de vie précaire de la population,
l'apathie et l'irresponsabilité de plusieurs dirigeants
/ décideurs accentuent la dégradation de l'environnement
du Bas-Congo.
A l'heure
actuelle, la reconstitution et la protection des écosystèmes
constituent une urgence et préoccupation majeure afin
de rétablir les équilibres tant écologiques,
économiques et financiers de la population.
De ce
fait, l'agriculture durable n'étant pas un processus
linéaire et universel qui aboutirait à un stade
final, une prise de conscience individuelle et collective
s'avère indispensable afin de mettre la population
en face de ses responsabilités à court, à
moyen et à long terme.
Face à
cette situation plus que dramatique de la destruction à
une vitesse exponentielle de l'environnement du Bas-Congo,
le CRAFOD a saisi la balle au bond pour organiser du 25 au
29 avril 2005, le 1er atelier d'échange et de formation
sur l'agriculture durable au Congo à l'intention de
25 techniciens animateurs, qui sont déjà dans
l'agriculture à travers la province.
Pourquoi
cet atelier ?
L'atelier,
animé par Monsieur Gottfried Horneber de FAKT / Allemagne,
a été organisé pour permettre aux 26
participants de comprendre le concept de l'Agriculture Durable
qui s'exprime de la manière suivante : " Nous
ne possédons pas la terre. Nous l'avons héritée
de (pour) nos enfants ".
Avec comme
finalité :
- Contribuer
au développement et à la mise en pratique
de l'agriculture durable au Congo ;
- Améliorer
les stratégies d'intervention.
Après
5 jours de travail, les participants ont :
- Développé
une compréhension commune de l'Agriculture Durable
;
- Compris
les dimensions et principes de l'Agriculture Durable ;
- Partagé
les expériences et les compétences dans le
domaine de l'agriculture et renforcé les contacts
;
- Connu
quelques méthodes et outils participatifs pour la
promotion de l'Agriculture Durable ;
- Elaboré
des plans d'actions pour mettre en pratique les acquis de
l'atelier.
Les participants
à cet atelier ont défini l'agriculture durable
en trois termes dégageant une compréhension
commune :
- L'agriculture
durable est une exploitation rationnelle des ressources
naturelles qui vise la satisfaction des besoins socio-économiques,
politiques et culturels tout en préservant l'équilibre
des écosystèmes.
- L'agriculture
durable est l'ensemble des pratiques et des techniques agricoles
utilisées dans le but d'améliorer la production
en qualité et en quantité tout en maintenant,
en restaurant et en conservant la fertilité du sol.
- L'agriculture
durable est un système de production agricole pour
satisfaire les besoins vitaux présents et futurs
de l'homme en tenant compte de la protection, la conservation
et l'amélioration de l'environnement (les écosystèmes).
Il ressort
de cet atelier que la pratique de l'agriculture durable au
Congo rencontre beaucoup de difficultés. Parmi elles,
nous pouvons retenir : l'absence de vision, la pauvreté
de la population, le manque des géniteurs, les conflits
fonciers, la perturbation climatique, l'infertilité
du sol dans certains coins, l'insuffisance des semences de
bonne qualité, la non diversification des activités
agricoles ; la conservation et transformation des produits
agricoles, l'insécurité politique, le manque
d'intrants, le manque de crédits, la non valorisation
des produits agricoles locaux, le troc des produits agricoles
avec les navettanes qui viennent de Kinshasa, l'exode rural,
l'ignorance des nouvelles techniques culturales, l'occupation
inutile des grandes superficies par des concessionnaires,
l'ignorance de la valeur de la terre, le mauvais système
de répartition et/ou de gestion de la terre par l'Etat,
la non subvention de l'agriculture, l'usage des outils rudimentaires,
enfin le problème d'héritage et l'absence d'une
politique de reforme agraire.
Gustave MUYAMUNA KAFENGA
CRAFOD
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