QUEL
DEFI A RELEVER PAR LE CRAFOD ?
Face à l'essor de la globalisation de l'économie
capitaliste qui fait de ce monde un village planétaire
tout en intégrant plus de régions du monde et
devant la diversité et la complexité des problèmes
socio-économiques auxquels sont confrontés les
hommes, les femmes, les enfants, les chrétiens et non
chrétiens , brefs les habitants de la R.D.Congo ; le
CRAFOD, étant considéré par la société
civile de ce pays au sud du Sahara où la pauvreté
des populations du monde rurale est sans cesse grandissant
par rapport aux années 1970-75, s'est mobilisé
et se mobilisera sur des objectifs ciblés.
Sur
les plans politique et organisationnel
Loin de
s'écarter des orientations du colloque de Boma organisé
par le GTER/Bas-Congo en 1989, le CRAFOD poursuit et poursuivra
ce qui en fut le leitmotiv explicite du Sommet de la Terre
de Johannesburg : " le développement durable ".
On reconnaît que l'expression " durable "
évoque une vision altruiste du développement
qui consiste à satisfaire les besoins des générations
précédentes sans compromettre la capacité
des générations futures à satisfaire
leurs propres besoins. Etant donc d'obédience Chrétienne
qui privilégie et entretient les valeurs humaines tout
en mettant l'homme dans son centre d'intérêt,
le CRAFOD est animé par les sentiments et les comportements
de solidarité et de responsabilité vis-à-vis
des populations pauvres et marginalisées qu'il considère
comme des partenaires immédiats dans le processus de
la transformation de leurs milieux villageois, scolaires et
paroissiaux.
Grâce à des actions de réveil des consciences
menées par un personnel du CRAFOD multidisciplinaire
et motivé, les populations, pour la plupart du monde
rural organisées en pré coopératives
de production, en associations scolaires de développement
et en comités paroissiaux de développement,
initient des mécanismes visant à prévenir
la dégradation de l'environnement conformément
au principe de précaution qui est à l'honneur
depuis 1970.
Dans les préparatifs de la définition et de
la mise en uvre de sa politique sur l'environnement,
le CRAFOD avec ses partenaires à la base luttent résolument
contre les feux de brousse, les déboisements incontrôlés
des réserves forestières, les érosions
pluvieuses et éoliennes, les mauvaises pratiques culturales,
l'usage des engrais chimiques et des organismes génétiquement
modifiés ainsi que l'usage des produits toxiques pour
faire la pêche dans les rivières qui sont d'ailleurs
menacées de disparition à cause des mauvaises
pratiques humaines.
L'un des
partenaires avec lequel le CRAFOD fait du " développement
durable " est défi de l'heure c'est la femme.
Mettant en pratique les instruments universels sur l'élimination
de toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes adoptés par l'Assemblée générale
de l'ONU le 18 décembre 1979, le CRAFOD participe au
progrès de la femme, et par ricochet de la famille,
par le renforcement des capacités des jeunes filles
désoeuvrées et des femmes rurales productrices
des produits agricoles, par la conscientisation des femmes
intellectuelles oeuvrant dans les églises chrétiennes
du Bas-Congo à initier des activités génératrices
des revenus et à se mobiliser contre les Eglises protestantes
qui ne reconnaissent pas la formation théologique des
femmes.
En outre, le CRAFOD par son service de promotion de genre
accompagne la femme Kongo en général et la femme
rurale en particulier dans les processus de recherche des
solutions aux problèmes auxquels elles sont toutes
deux confrontées notamment : l'incapacité en
matière successorale, la banalisation des violences
conjugales, la division inégale du travail agricole
et domestique, l'inégalité d'accès au
pouvoir politique et aux ressources économiques. En
novembre courant, la force vive du CRAFOD va devoir définir
clairement sa politique sur l'égalité des chances
entre l'homme et la femme, bref sur le genre.
II.
Sur les plans économique et financier
Tous les
efforts déployés par le CRAFOD durant la dernière
décennie étaient plus focalisés dans
la recherche des mécanismes visant à augmenter
les revenus de la population pauvre et marginalisée
du Bas-Congo d'une part et, de l'autofinancement du CRAFOD
et de ses membres, qui sont pour la plupart des Eglises membres
du synode protestant du Bas-Congo, d'autre part.
Soutenant le principe qu' " on ne peut rien faire sans
argent ", le CRAFOD ne cesse de renforcer les capacités
des pasteurs organisés dans les plates-formes des conseils
des pasteurs (COPA) et dans les comités paroissiaux
de développement (CPD) afin qu'ils soient à
même d'insuffler auprès de leurs fidèles
la culture d'entrepreneuriat. Tandis qu'auprès des
membres des Pré coopératives en milieux villageois
et scolaire, le CRAFOD soutient inexorablement leurs activités
de production végétale et animale jugées
rentables après des études de faisabilité.
Enfin de réduire ou de minimiser l'incertitude de tous
les jours dans laquelle nage la plupart des ONG de développement
de la RDC, le CRAFOD, sans pour autant s'écarter de
sa philosophie initiale d'appui au développement endogène,
est en train de mettre en place des mécanismes de mobilisation
des ressources financières locales pouvant lui garantir
de se maintenir après les subsides lui accordés
par ses partenaires bailleurs. En faisant du CRAFOD une organisation
apprenante, ses autorités s'emploient à renforcer
les capacités humaines et institutionnelles afin d'ici
2015, le CRAFOD soit :
¢ Un Centre d'Etudes et de Recherche en développement,
c'est-à-dire, un laboratoire d'analyses sociales ;
¢ Un Centre Régional d'Accompagnement et de Formation
pour le Développement ;
¢ Un Centre d'expérimentation et de vulgarisation
des différentes techniques de développement
et, son Action devra s'étendre sur toute l'Afrique
Centrale à l'instar du Centre Songhaï qui rayonne
à travers l'Afrique Occidentale.
III. Sur le plan sanitaire communautaire
Au vu
de la menace qui pèse sur les acteurs et actrices de
la production agricole, le CRAFOD s'est décidé
de s'engager résolument dans la lutte contre le VIH/SIDA
et les autres épidémies endémiques notamment
le paludisme, etc., par la mobilisation des leaders communautaires
et institutionnels à lutter contre la pandémie
de VIH/SIDA, par la prise en charge des personnes vivant avec
le VIH et des personnes affectées, par la responsabilisation
de la jeunesse sur la santé sexuelle et de la reproduction,
par l'assainissement des milieux, par la promotion de la moustiquaire
imprégnée,
Ce défi
est soutenu et concrétisé par une pédagogie
de l'autopromotion qui responsabilise l'homme et la femme
du Bas-Congo à réinventer son devenir.
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